« Reste avec nous, Seigneur » : Marie, maîtresse de l’espérance pascale.

Maria mestra da esperança pascal — os discípulos de Emaús reconhecem o Ressuscitado ao partir do pão (Lc 24,29)

“Reste avec nous, Seigneur, car le soir tombe et le jour déjà décline” (Lc 24,29). Par ces mots, les deux disciples d’Emmaüs demandent à l’inconnu qu’ils ont rencontré en chemin de demeurer avec eux. C’est le lundi de Pâques. Ils s’éloignent de Jérusalem, la ville de la Résurrection qu’ils ne parviennent pas encore à reconnaître, lorsqu’ils rencontrent le Ressuscité.

Maria mestra da esperança pascal, os discípulos de Emaús reconhecem o Ressuscitado ao partir do pão (Lc 24,29)

Le lundi de Pâques n’est pas le “jour après” la fête : c’est le premier jour de la vie pascale ordinaire. Le Ressuscité n’habite pas seulement les grands moments liturgiques, la Vigile, le Dimanche, mais aussi les chemins de ceux qui marchent désorientés, avec “le cœur lourd” (Lc 24,17), incapables de reconnaître ce qui est là. Et le Cénacle vers lequel les disciples d’Emmaüs reviennent, où ils trouvent réunis les Onze et les autres, est l’endroit où Marie se trouve : “en prière persévérante, avec Marie, la mère de Jésus” (Ac 1,14). C’est dans ce Cénacle que Marie maitresse attend ceux qui reviennent du chemin.

I. Primeira leitura: At 2,14.22-33 – Maria mestra da memória pascal

La liturgie du lundi de Pâques propose comme première lecture le premier discours de Pierre le jour de la Pentecôte (Ac 2,14.22-33). Pierre proclame : “Jésus de Nazareth, homme accrédité par Dieu auprès de vous avec des miracles, des prodiges et des signes… vous, par les mains des impies, vous l’avez crucifié et tué. Mais Dieu l’a ressuscité, brisant les douleurs de la mort” (Ac 2,22-24). Ce kerygme que Pierre proclame à la Pentecôte a une préhistoire : les jours entre l’Ascension et la Pentecôte, passés au Cénacle “en prière persévérante, avec Marie“.

La tradition théologique, s’appuyant sur l’exégèse lucanienne de Ac 1,12-14, a compris que ces jours dans le Cénacle n’ont pas été seulement une attente passive. Cette Marie maîtresse, qui avait gardé dans son cœur trente-trois ans de souvenirs du Fils, communiquait aux apôtres ce qu’ils ne savaient pas encore : “Épisodes, affirmations, détails jusqu’alors inconnus de la vie de Jésus leur parvenaient par l’école de Marie. La figure et l’enseignement du Maître, présentés par la Mère, devenaient plus pénétrants et plus lumineux dans leurs esprits“. Le kerygma de Pierre est impensable sans la catéchèse pascale de Marie maîtresse.

II. Evangelho: Lc 24,13-35 – O caminho que desce de Jerusalém

L’Évangile d’Emmaüs est l’un des textes les plus riches du Nouveau Testament. Deux disciples, l’un nommé Cléophas, l’autre sans nom, marchent de Jérusalem à Emmaüs, à six kilomètres. “Ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé” (Lc 24,14). Lorsque l’inconnu leur demande de quoi ils parlent, la réponse est d’une honnêteté brutale : “C’étaient les espérances que nous avions qu’il était celui qui devait libérer Israël. Mais avec tout cela, il s’est déjà écoulé trois jours depuis que ces choses sont arrivées” (Lc 24,17). Ce récit révèle la profonde déception et le désespoir des disciples après la mort de Jésus.

Cependant, au cours du chemin, ils rencontrent le Ressuscité, qui se joint à eux et marche avec eux. C’est à ce moment-là que se produit la reconnaissance pascale : “Et eux, remplis d’étonnement, disaient : ‘N’est-ce pas notre cœur tout brûlant ?” (Lc 24,32). Le Ressuscité partage avec eux sa vie et sa mission, et les disciples comprennent que les Écritures se sont accomplies. À partir de ce moment-là, ils ne sont plus les mêmes ; ils sont remplis d’espérance et de joie.

III. Retorno ao Cenáculo: Maria mestra na missão

Ils se levèrent immédiatement et retournèrent à Jérusalem” (Lc 24,33). Ce retour des disciples d’Emmaüs est le modèle de toute conversion pascale : l’abandon de la direction de la fuite, le retour vers la communauté, vers le Cénacle, vers le lieu où Marie et les apôtres persistent dans la prière. Luc, avec sa précision géographique et théologique habituelle, associe la reconnaissance du Ressuscité à Emmaüs au retour à Jérusalem : il n’y a pas d’expérience pascale authentique qui ne débouche sur la communauté.

Marie maîtresse au Cénacle, “vierge pleine de l’Esprit Saint, modèle de l’Église priante, modèle d’harmonie, de communion et de paix, docile à la voix de l’Esprit, vigilante dans l’attente du retour du Seigneur“, est le centre de ce retour. Les disciples qui reviennent d’Emmaüs arrivent à la communauté et la communauté est réunie avec Marie maîtresse en prière. Et, comme les disciples d’Emmaüs, de retour à Jérusalem, au Cénacle, à l’Église, à la mère qui nous attend, pour partager ce que le cœur a reconnu quand le soir avançait déjà : “C’est vrai ! Le Seigneur est ressuscité !” (Lc 24,34).


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